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La tendance est constante depuis quelques années : on priorise les soins à domicile plutôt que les soins hospitaliers. Souvent, les patients à domicile ont besoin d’un certain nombre de soins techniques, qui implique la gestion de matériel complexe qu'on n’utilise pas forcément très souvent… Et parmi eux, il y a ce fameux cathéter périnerveux...

Alors, comment le gérer efficacement ? Comment facturer les actes ? On vous dit TOUT sur le rôle des IDEL avec les cathéters périnerveux ! Pour aller plus loin, suivez une formation soins techniques.

Petit trou de mémoire… C’est quoi déjà un cathéter périnerveux ?

La compétence de gestion du cathéter périnerveux par les IDEL est même inscrit au Code de la santé publique dans l’article R4311-7 modifié par décret en 2021 avec cette mention :

4bis. Surveillance et retrait de cathéters périnerveux pour analgésie postopératoire mis en place par un médecin

Donc, voilà une nouvelle chose à gérer potentiellement par les IDEL !

Alors, trêve de suspens, qu’est-ce qu’on entend par « cathéter périnerveux » ?

Il se compose de 3 éléments :

  • le cathéter ;
  • le connecteur ;
  • le filtre antibactérien.

C’est un fin tuyau en polyéthylène que l’on insert  à travers la peau. Sa particularité est que son extrémité est placée à proximité immédiate du nerf (en rapport avec le territoire douloureux qu’on cherche à apaiser).

Il est indiqué contre la douleur, dans les situations suivantes :

  • douleurs post-opératoires (hallux valgus, ostéotomies, arthrodèses) ;
  • douleurs chroniques (artérite, syndrome douloureux régional complexe (algo), cancers métastatiques, douleurs dues aux soins, etc.) ;
  • douleurs du membre fantôme après amputation ;
  • cicatrisation de plaies ;
  • zona.

Quelles différences avec les autres cathéters ?

Il y a plein de cathéters différents : veineux, artériels, urinaires, etc.

Les cathéters périnerveux sont utilisés pour administrer des produits d’anesthésie directement à un nerf spécifique, tandis que les autres types de cathéters sont utilisés pour l’injection de produits en IV, la mesure de la pression artérielle, la récupération de sang pour des analyses, la drainage de l’urine, etc.

Pour être précis, ce cathéter implanté à proximité d’un tronc nerveux va permettre l’injection, le plus souvent de Naropeïne (ROPIVACAÏNE). Il s’agit d’un produit d’anesthésie visqueux qui va venir entourer le nerf, empêchant la conduction, à la fois du message sensitif mais également moteur.

Vous allez donc vous retrouver avec un patient qui normalement n’aura pas mal mais qui aura un membre mort, provisoirement.

Notre rôle sera donc essentiel dans la surveillance et l’éducation de patients porteurs d’un tel dispositif.

Comment bien gérer les cathéters périnerveux au domicile ?

Vous aurez donc 2 choses à faire avec un patient au domicile équipé d’un cathéter périnerveux :

  • surveiller que tout aille bien, qu’il soit bien implanté, que le produit passe, qu’il ne déclenche pas de douleur, qu’il n’y ait pas de risque infectieux ;
  • le retirer quand c’est nécessaire.

Plusieurs complications peuvent arriver :

  • une extravasation,
  • le déplacement du KT ou le retrait accidentel,
  • la fuite,
  • l’infection,
  • ou une douleur réfractaire… en mots plus crus : le KT ne sert à rien.

Ce sera donc à vous (et souvent, à vous SEUL(E)) de gérer tous ces petits aléas. Les avoir en tête est déjà une première étape !

Concernant le retrait, voici les différentes étapes à aussi avoir toujours en tête :

  1. retirer le pansement de recouvrement,
  2. appliquer des soins antiseptiques,
  3. couper le fil reliant le KT à la peau,
  4. retirer en suivant les graduations,
  5. faire un pansement sec,
  6. trier les déchets de manière appropriée.

Je ne veux pas avoir l’air d’insister mais le sujet est grave ! Notre décret de compétence a été modifié en 2021, permettant de rajouter la surveillance et l’ablation d’un catheter périnerveux… ET C’EST TOUT !! Nous n’avons absolument pas le droit de changer la cassette de produit ou de modifier les réglages de la pompe. J’insiste car de nombreuses demandes nous arrivent et nous devons absolument les refuser !! Notre DE est en jeu…

Comment coter selon la NGAP cet acte ?

Après le soin technique il y a toujours… le soin administratif ! Et chez les IDEL, ça passe par bien comprendre la NGAP pour facturer correctement cet acte finalement pas si fréquent que ça.

Vous intervenez dans 2 cadres possibles quand vous faites ce soin :

  • les soins postopératoires à domicile selon protocole. Dans le cadre d’une chirurgie en ambulatoire ou du RAAC, avec une ordonnance de l’anesthésiste ou du chirurgien. Dans ce cas, vous faites une séance de surveillance clinique et d’accompagnement (AMI 3,9) ;
  • la séance de surveillance et ou de retrait de cathéter périnerveux pour analgésie postopératoire (AMI 4,2) .

D’autres actes sont souvent réalisés en même temps :

  • le retrait de sonde urinaire,
  • la surveillance de drain de redon (même si on en voit de moins en moins).

Enfin, petit point sur les cumuls autorisés ou non.

  • Les séances de surveillance postopératoire et de surveillance de cathéter périnerveux ne sont pas cumulables entre elles #Dommage.
  • Le retrait de sonde et la surveillance de drain ainsi qu’une séance de surveillance post-opératoire ou de cathéter périnerveux peuvent être associés sans application de l’article 11B des Dispositions générales.

Normalement, votre logiciel métier vous guide justement pour que vous vous y retrouviez dans tout ça !

Envie d’en savoir plus sur le sujet et les autres soins techniques, de poser en direct vos questions à un IDE expert ? Rendez-vous dans notre formation sur les soins techniques des IDEL !

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