Le 25 janvier 2024, la Caisse Nationale d’Assurance Maladie publiait un article concernant le lancement du dispositif “Mon Bilan Prévention”.

Ce rendez-vous permet aux patients et aux professionnels de santé de parler des habitudes de vie, d’identifier d’éventuels facteurs de risques puis de déterminer les actions concrètes à mettre en place pour améliorer la santé du patient. Ces actions peuvent concerner la santé mentale, les addictions, les maladies chroniques, l’alimentation ou encore la réalisation de dépistages ou de rappels de vaccinations.

Et cette possibilité tombe à point nommé avec l'ouverture des droits à la prescription vaccinale pour les IDEL. Si ce n'est pas déjà fait, je vous conseille d'ailleurs de suivre notre formation prescription vaccinale.

Nous vous avons préparé une présentation complète de ce dispositif. 

Contexte

Quelques chiffres : 

  • Les maladies chroniques sont la première cause de mortalités dans le Monde selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé)
  • Ce serait 86 % des décès au sein de l’Union Européenne
  • D’ici 2030 les plus de 60 ans représenteront plus d’un français sur 3 et les personnes de plus de 65 ans seront plus nombreuses que les moins de 15 ans

Ce constat a montré à nos dirigeants l’importance de la prévention.

En effet, une partie importante de ces pathologies chroniques et handicaps est due à des facteurs de risques évitables ou modifiables, des retards de diagnostic et de prise en charge.

Notre système de santé est jusqu’à aujourd’hui basé sur l’offre de soins. En effet, nous avons tendance à attendre que la pathologie soit présente pour prendre le patient en charge. Ce modèle médical et économique provoque des dépenses énormes et un passage à la chronicité délétère pour le patient.

Un changement de paradigme est donc indispensable : il faut désormais mettre l’accent sur la prévention. Cette dernière a bien entendu un coup mais pourra, à terme, représenter des économies substantielles pour notre système de santé.

Quels professionnels peuvent réaliser ce bilan prévention ?

Voici la liste des différents acteurs de santé pouvant proposer ce service : 

  • les médecins ;
  • les infirmiers ;
  • les pharmaciens ;
  • les sages-femmes.

À noter qu’aucune formation spécifique n’est demandée pour la réalisation de ce bilan. Nous concernant spécifiquement, la vaccination étant un point à aborder durant cet entretien, il me semble essentiel que nous soyons autonomes sur le sujet et que nous le connaissions bien. La prescription vaccinale demande une formation dédiée. Je vous en parle plus en détail dans la suite de cet article.

La rémunération de ce bilan est, fait rare, la même quel que soit le professionnel qui le réalise, et ça mérite d'être souligné !

Comment devenir effecteur de mon bilan prévention ?

Pour réaliser des bilans de prévention, suivez les étapes suivantes :

Vous apparaîtrez ensuite dans un annuaire dédié : sante.fr/annuaire-mon-bilan-prevention

Quels sont les bénéficiaires de ce bilan ?

Voici la liste des tranches d’âge de patients qui peuvent bénéficier de ce service : 

  • 18-25 ans ;
  • 45-50 ans ;
  • 60-65 ans ;
  • 70-75 ans.

Les assurés concernés reçoivent d’ailleurs  de l’Assurance Maladie une invitation à réaliser leur bilan prévention.

Quels sujets aborder lors de ce bilan ?

Le dispositif est présenté par l’Assurance Maladie et prévoit une liste de thématiques à aborder : 

  • les antécédents médicaux personnels et familiaux ;
  • les comportements et habitudes de vie (alimentation, activité physique et sédentarité, addictions et usages à risque…) ;
  • la prévention et le repérage de maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, cancers, perte d’autonomie…) ;
  • le parcours de santé (vaccinations à jour, suivi buccodentaire, variation de poids…) ;
  • le bien-être mental et social (sommeil, vie affective et amicale, statut d’aidant, conditions de travail, repérage des situations de violences/maltraitances…).

Bien entendu, cette liste n’est pas exhaustive et devra être adaptée à chaque patient en fonction de sa tranche d’âge, ses antécédents familiaux, ses habitudes de vie… Mais qui mieux que nous pour connaître nos patients par cœur et savoir quelles questions leur poser ! 

Comment se déroule le bilan prévention ? 

Lorsque le patient décide de réaliser son bilan prévention, il peut remplir un auto questionnaire sur ses facteurs de risques Cette étape n’est cependant pas obligatoire.

Le patient prendre ensuite rendez-vous avec le professionnel de santé de son choix. Il est important, lors de la prise de contact, de lui rappeler d’apporter tous les documents nécessaires au bon déroulé du bilan : carnet de vaccination, dernières analyses, ordonnances…

Prévu pour une durée de 30 à 45 mn, le bilan prévention se déroule en 3 étapes : 

  • Étape 1 : le repérage des risques individuels
    • Cette séquence permet l’identification des facteurs de risque du patient. L’auto questionnaire complété par le patient ainsi que la fiche d’aide au repérage des risques permettent d’identifier ces facteurs de risque.
  • Étape 2 : la priorisation conjointe d’un ou deux sujets prévention
    • Il s’agit d’une décision partagée entre le professionnel de santé et le patient qui aboutit à la priorisation d’un ou deux sujets à aborder. Pour traiter le ou les deux sujets prioritaires, il est possible de recourir à des outils et méthodes qui suscitent et renforcent la motivation au changement d’habitudes (dimension motivationnelle).
  • Étape 3 : la rédaction du plan personnalisé de prévention (PPP)

À la fin du bilan, le professionnel de santé et le patient rédigent un plan personnalisé de prévention (PPP). Le PPP contient les éléments suivants :

  • les objectifs prioritaires construits conjointement ;
  • les obstacles rencontrés dans la conduite du changement des habitudes de vie ;
  • les actions concrètes à mettre en place pour faciliter le changement des habitudes de vie ;
  • les ressources et intervenants que le patient peut consulter (orientation vers un ou des professionnels de santé, ressources en ligne, associations notamment sportives…).

À l’issue de ce rendez-vous, vous devrez fournir les conclusions au médecin traitant. Et pourquoi pas en profiter pour discuter de la co-construction du plan d’action ? 

De plus, n’hésitez pas à proposer au patient un rendez-vous avec son médecin traitant afin d’échanger sur les éventuels problèmes observés.

Comment facturer "Mon Bilan Prévention" ?

Quelques points me semblent essentiels à avoir en tête : 

  • Pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour tous les assurés, sans frais à avancer.
  • 30 euros en métropole et 31,50 euros dans les départements et régions d’outre-mer (Drom).
  • Il ne pourra être facturé qu’une seule fois par personne et par tranche d’âge avec le code acte « RDI ».
  • Si le déplacement à domicile est justifié, des frais de déplacement pourront être facturés

Je vous rappelle que la rémunération est la même pour tous les professionnels de santé participant à ce dispositif. Seule la lettre clé diffère en fonction du professionnel.

J’attire votre attention sur le fait qu’une lettre dédiée à chaque profession permettra d’assurer la traçabilité. L’intérêt de participer à ce dispositif est donc grand : il permet d’asseoir notre position dans les actions de prévention auprès du patient. 

Conseils et conclusion

Notre profession évolue et nous sommes de plus en plus intégrés à des dispositifs de surveillance, détection, prévention.

Comme à chaque évolution de notre profession, il est nécessaire de prouver que nous sommes aptes à assurer ces nouvelles missions.

il est donc essentiel d’intégrer ce dispositif à mon sens, et ce pour plusieurs raisons : 

  • D’autres professionnels vont s’en emparer, ayons aussi notre rôle à jouer à leurs côtés ! 
  • Cet entretien permet de renforcer notre rôle central dans le cadre de la prévention, un enjeu majeur des prochaines années
  • Cela permet de diversifier son activité
  • Pour faire de la prévention, il est fondamental de connaître le patient sur le bout des doigts… Qui donc le connaît mieux que nous ?
  • Ce dispositif permet d’être pleinement intégré au parcours de santé du patient.

Cependant, il ne suffit pas de se convaincre d’y aller, encore faut-il en  avoir la volonté… En effet, nous allons devoir nous donner les moyens d’être de bons effecteurs de ce bilan prévention. Il me semble donc essentiel de s’informer et de découvrir tous les documents mis à disposition par l’Assurance Maladie afin de respecter au mieux les prérogatives.

Enfin, j’insisterai sur un point particulier : celui de la vaccination, qui fait partie intégrante de ce bilan. Depuis Août 2023, nous pouvons prescrire et administrer la totalité des vaccins du calendrier vaccinal à toutes les personnes de plus de 11 ans. Ce droit est soumis à 2 conditions : 

  • Suivre une formation répondant aux objectifs pédagogiques publiés au Journal Officiel
  • S’inscrire auprès de l’Ordre National des Infirmiers comme “infirmier prescripteur de vaccins”

L’enjeu est que nous soyons les plus autonomes dans ce dispositif et ce, afin de prouver notre légitimité mais également pour faire face à la pénurie médicale que nous connaissons.

Pour conclure, vous savez à quel point je crois en notre profession et je vous encourage vivement à prendre quelques minutes pour découvrir ce nouveau dispositif. Je crois profondément à l’évolution de nos compétences et à notre rôle prépondérant tout au long du parcours de soins du patient. Donnons nous les moyens de prouver à tous que nous, IDEL, sommes les piliers de la prévention et de la prise en charge de la santé de la population et non plus uniquement la maladie ou la dépendance.

Cet article a été validé par des professionnels de santé et vérifié par des sources sûres au moment de sa publication. Il ne prétend cependant pas l'exhaustivité des informations fournies. Le présent article n'a qu'un but informatif et ne remplace pas une formation ou un conseil médical.

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