Comment utiliser un pansement hydrocolloïde (HC) ? Si vous avez besoin de quelques révisions et mises à jour sur les pansements hydrocolloïdes afin de les utiliser au mieux mais également de savoir comment les coter, c’est ici que vous trouverez les réponses à vos questions les plus fréquentes. Si vous souhaitez aller plus loin, inscrivez-vous à la formation plaie et cicatrisation.

Qu'est-ce qu'un pansement hydrocolloïde ? Comment agit-il ?

Un pansement hydrocolloïde est tout mince et assez transparent. Il se compose de 2 couches :

  • une couche interne : elle permet d’absorber et de transformer les exsudats, grâce aux molécules hydrophiles qu'elle contient. Quand elle est au contact d'un liquide inflammatoire, elle se transforme en gel;
  • une couche externe : elle protège de la contamination par des micro-organismes. Cette partie du pansement est constituée d’un film semi-occlusif, ou d’une mousse de polyuréthane, selon les marques.

Magique : il adhère à la peau saine, mais pas à la plaie !
Il permet aussi de conserver un milieu chaud et humide, favorable à la cicatrisation des tissus.
Qui plus est, son coût de fabrication n'est pas très élevé, ce qui le rend "abordable".

Quand y avoir recours ?

Le pansement HC, c'est LA solution de prédilection contre l'escarre. Classiquement, l'escarre du sacrum ou du talon... Mais cela est valable pour toute localisation. On peut également l’utiliser pour :

  • les brûlures superficielles,
  • les sites donneurs de greffe,
  • les ulcères de la jambe.

Il est contre-indiqué pour :

  • les plaies infectées,
  • les plaies totalement sèches,
  • les plaies très exsudatives,
  • les mycoses,
  • les brûlures au troisième degré,
  • les plaies hyper bourgeonnantes.

Il est conçu pour résister assez bien à la douche. Ce qui nous permet à nous, IDEL, de le faire à des horaires un peu plus libres.

La HAS vous propose un récap’ des différents pansements que vous pouvez utiliser ! 

Comment procéder efficacement lors de son utilisation ?

Nous vous avons préparé un petit guide, étape après étape :  :

  1. nettoyer au sérum physiologique ou à l'eau la plaie ;
  2. sécher le pourtour de la plaie ;
  3. déposer délicatement le pansement sur la plaie en dépassant de 2 à 3 cm minimum sur les parties de la peau saine ;
  4. mettez par dessus un second pansement si :
    1. la plaie suinte beaucoup ;
    2. la zone est particulièrement sujette aux frottements (talon d'une personne qui marche beaucoup, chaussée).
  5. une fois mis en place, vérifiez qu'il ne gène pas pour le chaussage ou l'habillage.

Il est fréquent que des mauvaises odeurs se dégagent à ce moment-là, liées à la composition du pansement. Vous pouvez prévenir le patient afin de le rassurer. 

Comment facture-t-on cet acte selon la NGAP ?

Peu importe le type de pansement que vous utilisez, ce n'est pas ça qui va déterminer la cotation ! C’est la plaie qui doit guider votre facturation : est-elle simple ou est-elle complexe ? Pour déterminer cela, il faut prendre en compte :

  • Le type de plaie
  • La grandeur de la plaie
  • L’étiologie de la plaie

En résumé, il faut que la plaie corresponde à l’une des définitions des articles 3 du chapitre I et 5bis du chapitre II de la NGAP.

Notez tout de même que l'Assurance maladie classe les pansements hydrocolloïdes dans les pansements "complexes". Cependant, il y a parfois des contradictions et des erreurs d'interprétations à ce sujet... Notre expert Philippe Gras est là pour clarifier les choses si nécessaire !

Quelle différence entre pansement hydrocellulaire et hydrocolloïde ?

Ces deux pansements se ressemblent mais ont tout de même quelques différences. 

  • Les pansements hydrocolloïdes sont recommandés pour :
    • Toutes les phases des plaies chroniques lors d’un traitement non séquentiel
    • La phase d’épidermisation lors d’un traitement séquentiel d’une plaie chronique
  • Les pansements hydrocellulaires sont recommandés pour :
    • Toutes les phases des plaies aiguë lors d’un traitement non séquentiel
    • La phase de bourgeonnement lors d’un traitement séquentiel d’une plaie chronique

Si vous souhaitez plus d’informations, voici toutes leurs différences résumées sous forme de tableau :

 

Pansement hydrocolloide

Pansement hydrocellulaire

Composition

Constitués de polymères absorbants, dont les propriétés physico-chimiques sont liées à la présence de carboxyméthylcellulose (CMC).

Autres composants possibles :

Pectine, gélatine, autres composés hydrophiles.

Constitués de polymères sous forme de mousse de polyuréthane absorbante.

 

Autres composants possibles :

Silicone, CMC, NOSF

Formes existantes

  • Plaques épaisses
  • Plaques minces
  • Plaques anatomiques
  • Plaques bordées
  • Pâte
  • Poudre
  • Adhésifs
  • Non adhésifs
  • Anatomiques
  • Coussin ou mousse

Indications

Plaies à exsudats faibles à importants dont :

  • Escarres
  • Ulcères de jambe :
    • Plaies diabétiques
    • Plaies aigues
    • Sites donneurs
  • Erythèmes, désépidermisation
  • Nécrose fibrineuse, bourgeonnement, épidermisation

Plaies à exsudats faibles à importants dont :

  • Escarres
  • Ulcères de jambe :
    • Plaies diabétiques
    • Plaies aigues
    • Sites donneurs
  • Bourgeonnement, épidermisation

Effets indésirables

  • Odeur surtout en phase de détersion (production d’une substance nauséabonde lors du délitement).
  • Macération des berges de la plaie.
  • Eczéma péri-lésionnel : rare.
  • Rares cas d’irritation et d’allergie (adhésifs).

Quand et comment enlever un pansement hydrocolloïde ?

Un pansement hydrocolloïde peut en théorie absorber jusqu'à 3 fois son propre poids en exsudat. Lorsque l'escarre sécrète moins, il est donc possible d'espacer les pauses d'au moins 1 ou 2 jours. Il est en réalité conseillé de le changer uniquement :

  • lorsqu'il arrive à saturation ;
  • lorsqu'il commence à se décoller.

Mais dans la pratique libérale, difficile d'apprécier cela si on ne vient pas chez le patient pour autre chose, et que ce dernier n'est pas en mesure d'évaluer lui-même ces critères. Afin de respecter les règles de la NGAP, la fréquence dépendra souvent de la prescription médicale. 

Comme le pansement n'adhère pas directement à la plaie, son changement est indolore. Vous pouvez informer vos patients avant la première pose, cela devrait les rassurer. Cela n'empêche pas bien sûr d'être délicat lorsqu'on l'ôte.

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Cet article a été validé par des professionnels de santé et vérifié par des sources sûres au moment de sa publication. Il ne prétend cependant pas à l’exhaustivité des informations fournies. Le présent article n’a qu’un but informatif et ne remplace pas une formation ou un conseil médical.

Sources :
https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2009-01/pansements_synthese_rapport.pdf
https://www.euro-pharmat.com/media/documents/3formationspansement.pdf

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