Bancs de l’université vides, équipes officinales réduites, petites annonces de recrutement qui explosent … le nombre de pharmaciens en France est en diminution constante depuis presque dix ans, faisant craindre une pénurie prochaine de ces soignants sur tout le territoire.  Pourtant, depuis de nombreuses années, ils héritent au fur et à mesure de nouvelles missions pour améliorer l’accès aux actes de soins courants et renforcer leur position de professionnels de santé de premiers recours : dépistage, prévention, prescriptions, vaccinations, … On vous emmène en plein cœur du labyrinthe des nouvelles missions du pharmacien !

Depuis plus de deux décennies, le métier de pharmacien connaît des transformations profondes, avec l'ajout constant de nouvelles responsabilités. La loi de financement de la Sécurité sociale de 2023 en est le dernier exemple, mais ce mouvement est loin d'être récent.

Les prémices d'un changement (2009)

Tout commence en 2009, avec la loi HPST qui définit « positivement » la participation du pharmacien au système de santé. Les bases sont posées : participation aux soins de premiers recours, coopération entre professionnels de santé, engagement dans la veille et la protection sanitaire, et rôle de correspondant au sein de l'équipe de soins font désormais parties intégrantes des missions du pharmacien. 

L'approche personnalisée (dès 2013)

En octobre 2013, les pharmaciens s'impliquent dans l'accompagnement de patients asthmatiques ou sous anticoagulant à travers des entretiens pharmaceutiques. Ces entretiens, renommés en 2017 “entretiens d’accompagnement du bon usage des médicaments” (BUM), s'inscrivent dans une logique d'accompagnement personnalisé.

Le 1er août 2016, une nouvelle étape est franchie en ce sens : les pharmaciens sont autorisés à effectuer des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) pour la grippe, le diabète et les angines à streptocoque du groupe A. S'ensuit en mars 2018 la possibilité de pratiquer des bilans partagés de médication (BPM) : entretiens programmés pour les +65 ans souffrant d’au moins une ALD (affection de longue durée) ou +75 ans bénéficiant de traitements pour lesquels au moins 5 molécules sont prescrites sur 6 mois.

Le numérique et la crise sanitaire comme accélérateurs (2018-2020)

Le 6 décembre 2018, les pharmacies franchissent un pas de plus vers le numérique en proposant des téléconsultations. Et la crise sanitaire va consolider cet usage : en 2022, 10% des pharmaciens avaient au moins réalisé une téléconsultation. 

La pandémie de COVID-19 accélère également les nouvelles prérogatives confiées à ces professionnels : survenue en 2020, elle souligne l'importance de leur capacité d'adaptation et élargit leur prérogatives avec l'autorisation de réaliser des tests antigéniques Covid-19 sur un prélèvement nasopharyngé. Au mois de janvier 2022, le nombre de test covid en pharmacie atteint un record avec 1 million de test réalisé. En 2021, l'étendue de cette action des pharmaciens dans la lutte contre la COVID-19 est formalisée : ils peuvent prescrire et administrer les vaccins. 

Un futur orienté vers la prévention (2022)

Les nouvelles missions du pharmacien tendent à se concentrer, dès la sortie de la pandémie, vers davantage de prévention et d’accompagnement précoce du patient. Depuis mai 2022, le pharmacien peut remettre un kit de dépistage du cancer colorectal à toute personne entre 50 à 74 ans éligible au dépistage organisé. En 2022, 90 000 kits ont d’ailleurs été remis partout sur le territoire. En novembre 2022, c’est au tour des femmes enceintes d’être accompagnées : le pharmacien peut désormais sensibiliser sur les risques liés à la consommation de  substances tératogènes ou foetotoxiques pendant la grossesse. Cet acte est rémunéré et même majoré dans les territoires d’outre-mer. 1 000 pharmacies proposent déjà ce dispositif. 

En 2022, l’autorisation de vaccination du pharmacien, est élargie à certains vaccins,  sur prescription médicale, pour les patients âgés d’au moins 16 ans, dans le cadre des recommandations du calendrier vaccinal (Diphtérie, Poliomyélite, Coqueluche, Tétanos, Rage, Infections invasives à pneumocoque, Hépatite A et B, Méningocoques, Papillomavirus). Au total, 15 millions de vaccins ont été injectés à l’officine depuis 2022. Depuis le 1er janvier 2023, les pharmaciens sont désormais autorisés à prescrire eux-mêmes les vaccins sur les enfants de +11 ans, après avoir suivi une formation vaccination obligatoire de 10H30 autour de la prescription et 7H sur l’administration.

L'année 2024 promet d'élargir encore les missions, notamment avec la possibilité de prescrire sans ordonnance un traitement contre les angines et les cystites après un TROD positif, ce qui nécessitera probablement de suivre une formation TROD dédiée.

L'évolution des missions des pharmaciens reflète une tendance globale vers une médecine plus préventive, personnalisée et intégrée. L’importance de l’adaptation continue des professionnels de l’officine à ces changements met en évidence la nécessité d'une formation approfondie et régulière pour répondre aux défis de la santé publique de demain.

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